Du 13 novembre au 8 décembre 1701, Bursa
Prusa, du chemin d'Angora. Bibliothèque nationale autrichienne, Public domain, via Wikimedia Commons
Prusa, du mont Olympe. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
Pruse, vue depuis les pentes du mont Olympe (Uludağ), mars 2026.
Vieux bazar, Bursa, mars 2026. Photo Jean-Pierre Brizard.
Bezestein est une grande maison bien bâtie, où sont plusieurs magasins et boutiques. Bedesten, Bursa, mars 2026. Photo Jean-Pierre Brizard.
Nous connûmes deux herboristes à Pruse, l'un Emir et l'autre Arménien. Herboristerie à Bursa, mars 2026.
" Nous arrivâmes enfin à Pruse, après cinq lieues de marche dans des défilés couverts de bois, lesquels vont aboutir aussi à cette belle plaine qui est au nord du mont Olympe. On commence à y voir des plantes et des châtaigniers aussi hauts que les sapins qui sont sur la montagne. A la vérité, les landes sont un peu gâtées par les pierres que les eaux charrient, mais à mesure qu’on approche de Pruse, les champs sont couverts de mûriers et de vignobles. La plupart des mûriers sont bas et comme plantés par pépinières. Les plus grands sont serrés les uns près des autres et forment de petites forêts entrecoupées par de grandes broussailles, parmi lesquelles naît une espèce d’Apocin, laquelle non seulement se tortille sur les haies, mais qui grimpe aussi sur les plus grands arbres. En arrivant à Pruse, du côté d’Angora, on ne découvre qu’une partie de la ville, au travers des futaies. Le plus bel endroit de cette place, qui est le quartier du sérail, ne paraît pas ; c’est pourquoi j’ai l’honneur de vous envoyer deux plans différents (…).
Pruse, capitale de l’ancienne Bithynie, est la plus grande et la plus magnifique ville d’Asie. Cette place s’étend du couchant au levant au pied des premières collines du mont Olympe, dont la verdure est admirable. Ces collines sont, pour ainsi dire, autant de degrés pour aller sur cette fameuse montagne. Du côté du Nord la ville se trouve à l’entrée d’une grand et belle plaine où l’on ne voit que mûriers et arbres fruitiers. Il semble que Pruse ait été faite exprès pour les Turcs, car le mont Olympe lui fournit tant de sources que chaque maison a ses fontaines, et je n’ai point vu de ville qui en ait autant, si ce n’est Grenade en Espagne (...). Les mosquées sont belles, la plupart sont couvertes de plomb, embellies de dômes, de même que les caravansérails. Au-delà de la rue des Juifs, à main gauche en allant aux bains, est une mosquée royale, dans la cour de laquelle sont les mausolées de quelques sultans, dans des chapelles solidement bâties et séparées les unes des autres (…)
Les caravansérails de la ville sont beaux et commodes. Le Bezestein est une grande maison bien bâtie, où sont plusieurs magasins et boutiques semblables à celles du Palais de Paris, et l'on y trouve toutes les marchandises du Levant, outre celles que l'on travaille dans cette ville. Non seulement on y consomme la soie du pays, qui passe pour la plus belle soie de Turquie, mais encore celle de Perse, qui n'est ni si chère ni si estimée (…). Toutes ces soies y sont bien employées, car il faut convenir que les meilleurs ouvriers de Turquie sont à Pruse (...).
La ville d’ailleurs est agréable, bien pavée, propre, surtout dans le quartier du bazar (…). Les murailles sont à moitié ruinées et n’ont jamais été belles, quoique fortifiées par des tours carrées (…). Les platanes y sont d’une beauté surprenante (...).
Nous connûmes deux herboristes à Pruse, l'un Emir et l'autre Arménien.
Le 21 novembre, nous partîmes pour aller le voir le mont Olympe."
TOURNEFORT 1717.
Chaque maison a ses fontaines, et je n’ai point vu de ville qui en ait autant. Fontaine à Bursa, mars 2026.
Les murailles sont à moitié ruinées et n’ont jamais été belles, quoique fortifiées par des tours carrées. Bursa, mars 2026.
Les platanes y sont d’une beauté surprenant. Bursa, mars 2026. Photo Frédéric Tintilier.
On y consomme la soie du pays, qui passe pour la plus belle soie de Turquie... Koza Kan, ancien caravensérail aujourd'hui encore occupé par des boutiques de soierie, et qui abritait jusqu'à récemment un marché des vers à soie, Bursa, mars 2026.
Koza Kan, coeur du marché de la soie, Bursa, mars 2026.
Les mosquées sont belles, la plupart sont couvertes de plomb, embellies de dômes, de même que les caravansérails. Au-delà de la rue des Juifs, à main gauche en allant aux bains, est une mosquée royale. Grande mosquée de Bursa, mars 2026. Photo Jean-Pierre Brizard.













