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Hyoscyamus albus L., forme à gorge sombre

Hyoscyamus minor / major albo similis, umbilico floris atro-purpureo Coroll. I. R. Herb. 5

Observée par Tournefort dans la presqu'île d'Akrotiri (Crète).

Hyoscyamus major albo similis, umbilico floris atro-purpureo. Collection du MNHN-Paris

Hyoscyamus major albo similis, umbilico floris atro-purpureo. Collection du MNHN-Paris

Hyoscyamus albus L., forme à gorge sombre, monastère de Katolico, Crète, avril 2018. Photo Jean-Pierre Brizard.

Hyoscyamus albus L., forme à gorge sombre, monastère de Katolico, Crète, avril 2018. Photo Jean-Pierre Brizard.

Tournefort nomme les premières jusquiames qu'il voit en Crète, sur la presqu'île d'Akrotiri Hyoscyamus Creticus luteus, major C. B., et Hyoscyamus major albus vel 3 Diosc. et 4 Plinii. Il affirme qu'elles poussent là en "quantité prodigieuse" (ms 998 f. 35). Plus tard, à Héraklion, il observe une nouvelle Jusquiame, qu'il nomme Hyoscyamus aureus P. Alp. Or, il décrira plus tard dans le Corollaire un Hyoscyamus albo similis, umbilico floris atro-purpureo (TOURNEFORT 1703). Cette forme de la Jusquiame blanche, à pétales tirant vers le jaune et coeur violet, existe en France, mais sans doute, puisqu'il la décrit dans le Corollaire, Tournefort ne l'avait-il jamais vue.

 

Il se peut donc que, lorsqu'il l'a vue pour la première fois sur la presqu'île d'Akrotiri, il l'ait prise pour la Jusquiame dorée (Hyoscyamus Creticus luteus, major ou Hyoscyamus aureus P. Alp.), dont une des caractéristiques est que le coeur de la fleur est pourpre (une note de la Flore Méditerranéenne souligne que "la forme anthocyanée - à gorge sombre - de Hyoscyamus albus peut entraîner des confusions avec H. aureus" TISON et al., 2014).  Rencontrant la véritable Jusquiame dorée à Héraklion, il se rend compte de son erreur et nommera par la suite  la jusquiame observée à Akrotiri Hyoscyamus albo similis, umbilico floris atro-purpureo. Il ne reprend cependant pas son journal d'herborisation pour correction (aussi bien ne prévoit-il pas de le publier).

 

Tournefort n'aurait donc observé sur la presqu'île d'Akrotiri que la Jusquiame blanche, sous sa forme simple, et sous sa forme à coeur foncé, d'abord prise pour la Jusquiame dorée. Cela expliquerait qu'il souligne l'abondance "prodigieuse" dans le manuscrit, d'une plante, la Jusquiame dorée, qu'on ne trouve aujourd'hui que sur les murailles d'Héraklion, et dont, d'une façon générale, "almost all Aegean records are from old buildings, city walls, etc." (STRID 2016)