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Helleborus orientalis Lam.

Helleborus niger, Orientalis, amplissimo folio, caule praealte, flore purpurascente Coroll. I. R. Herb. 20 / Helleborus niger, Orientalis Ponticus, sive legitimus antiquorum

Observée par Tournefort dans les environs de Bursa, sur les contreforts de l'Uludağ (mont Olympe d'Asie ou de Bithynie), où elle est  "très commune" (TOURNEFORT 1717). Il précise dans le Corollaire que "hunc observavit Bellonius in Olympo Asiae monte" (TOURNEFORT 1703).

Helleborus niger, Ponticus, flore purpureo, amplissimo folio. Ms 78. Collection du MNHN-Paris - Direction des bibliothèques et de la documentation

Helleborus niger, Ponticus, amplissimo folio.

Helleborus orientalis Lam., Uludağ, mars 2026.

Helleborus niger, Ponticus, flore purpurascente.

Helleborus orientalis Lam., Uludağ, mars 2026. flore purpurascente

Helleborus orientalis Lam., Uludağ, mars 2026.

Helleborus orientalis Lam., Uludağ, mars 2026.

"Nous connûmes deux herboristes à Prusse, l'un émir et l'autre arménien, qui passaient pour de grands docteurs. Ils nous fournirent des racines du véritable Ellébore noir des anciens, autant que nous voulûmes pour en faire l'extrait. C'est la même espèce que celle des Anticyres & des côtes de la mer Noire. Cette plante que les Turcs appellent Zopléme & qui est très commune au pied du mont Olympe, a pour racine un trognon, gros comme le pouce, couché en travers, long de trois ou quatre pouces, dur, ligneux, divisé en quelques racines plus menues & tortues. Toutes ces parties poussent des jets de deux ou trois pouces de long, terminés par des oeilletons ou des bourgeons rougeâtres ; mais le trognon et les subdivisions sont noirâtres en dehors & blanchâtres en dedans. Les fibres qui les accompagnent sont touffues, longues de huit ou dix pouces, grosses depuis une ligne jusques à deux, peu ou point du tout chevelues. Les plus vieilles sont noirâtres en dedans, d'autres brunes ; les nouvelles sont blanches. Les unes et les autres ont la chair cassante, sans âcreté ni odeur, & sont traversées d'un nerf roussâtre. Elles sentent comme le lard quand elle bouillent dans l'eau.

De 25 livres de ces racines, nous tirâmes deux livres et demi d'extrait, brun, très amer & résineux. Il purge étant pris seul depuis 20 grains jusques à demi gros. Trois Arméniens à qui nous en donnâmes se plaignirent tous d'avoir été fatigués par des nausées, des tiraillements d'entrailles, une impression de feu & d'âcreté dans l'estomac, le long de l'oesophage, dans la gorge & le fondement ; de crampes, de mouvements convulsifs, joints à des élancements violents dans la tête, qui venaient comme  par fusées, et qui se renouvelaient quelques jours après. Ainsi nous commençâmes par rabattre la moitié de l'estime que nous avions pour ce grand remède. À l'égard des racines, il faut en user comme de celles de notre Ellebore, les faire bouillir la quantité d'un gros ou d'un gros & demi dans du lait, les laisser infuser pendant la nuit, faire chauffer le lait le lendemain au matin & le passer dans un linge.

Les Turcs attribuent de grands vertus à cette plante, mais nous ne pûmes les apprendre. Le Sr Antoine Cerci qui a pratiqué longtemps la médecine à Constantinople, à Cutaye & à Pruse, nous assura qu'il ne s'en servait plus, à cause des accidents qu'elle cause aux malades. Il nous apprit qu'on amassait de la gomme adragant à Caraissar [peut-être Karaislah à une centaine de km au sud-ouest de Bursa], ou Château noir, à quatre journées de Prusse".

TOURNEFORT 1717