Vaccinium arctostaphylos L.
Observée par Tournefort dans la région de la Mer noire.
Vitis idaea Cappadocica, maxima, mespili folio, flore variegato. Collection du MNHN-Paris
Vitis Idaea orientalis, maxima Cerasi folio, flore variegato Coroll. Inst. rei herb. 42. Source: commons.wikimedia.org
Vaccinium arctostaphylos L., Sumela, juillet 2025.
Des feuilles semblables à celles du cerisier, dentées légèrement sur les bords, pointues par les deux bouts, vert gai. Vaccinium arctostaphylos L., Sumela, juillet 2025. Photo Frédéric Tintillier
Je n'ai vue que des fruits verts, aigrelets, et creusés en devant en manière de nombril. Vaccinium arctostaphylos L., Sumela, juillet 2025. Photo Frédéric Tintillier
"Nous observâmes un arbrisseau qui, selon les apparences, est le Raisin d'Ours de Galien.
Cet arbrisseau vient de la hauteur d'un homme. La tige est épaisse comme le bras, le bois blanchâtre, l'écorce grêle, mêlée de bun, gercée, et dont la première peau se détache facilement. Cette tige pousse plusieurs branches dès le bas, grosses comme le pouce, quelquefois davantage, subdivisées en rameaux revêtus d'une écorce vert pâle. Tous ces rameaux sont chargés de nouveaux jets couverts d'une écorce nette et luisante, garnis de feuilles semblables à celles du cerisier, longues de deux pouces et demi sur un pouce et demi de large, dentées légèrement sur les bords, pointues par les deux bouts, vert gai, quelquefois rougeâtres, lisses, relevées d'une côte en dessous et parsemées de poils très courts. Les fleurs naissent parmi ces feuilles sur des brins longs d'un pouce et demi, penchées en pas, disposées sur la même ligne dans les aisselles des feuilles qui n'ont encore qu'un demi pouce de longueur, et leur pédicule n'a que trois ou quatre lignes de long. Chaque fleur est une cloche d'environ quatre lignes de diamèter et d'environ cinq lignes de haut, blanc sale, panachée de grandes bandes purpurines du côté qu'elle est exposée au soleil, découpée en cinq pointes, quelquefois davantage, et ces pointes sont un peu réfléchies en dehors. Cette fleur varie. Il y a des pieds sur lesquels elle est toute blanche, et quelques autres où elle tire sur le purpurin sans être panachée. De quelque couleur qu'elle soit, elle est toujours percée dans le fond et articulée avec le calice. Des environs du trou de la fleur naissent dix étamines longues d'une ligne et demi, blanchâtres, un peu courbes, chargées chacune d'un sommet aussi long, jaune foncé tirant sur le feuille morte. Le calice est un bouton verdâtre, plat en devant et comme pyramidal en derrière, long d'une ligne et demi, découpé en cinq parties qui forment un petit bassin relevé d'une espèce de bourrelet creux dans le milieu, comme dans les autres espèces de ce genre. Du centre de ce bassin sort un filet menu, long de 4 ou 5 lignes. Les feuilles de cette plante ont un goût d'herbe qui tire sur l'aigre. Les fleurs sont sans odeur. Je n'ai vu que des fruits verts d'environ trois lignes de long, aigrelets, et creusés en devant en manière de nombril. C'est la plus grande espèces de Vitis Idaea qui soit connue.
Il y a apparence que c'est celle que Galien a nommée Αρκοσταφυλος ou Raisin d'Ours : cet auteur assure qu'elle naît dans le Royaume du Pont, et qu'elle a les feuilles semblables à celles de l'Arbousier, ce qui est vrai, si l'on compare les feuilles de cette plante à celles de l'Arbousier Andrachne, laquelle est aussi commune en Grèce, et plus commune en Asie, d'où était Galien, que notre Arbousier ordinaire. "
TOURNEFORT 1717, pp. 222-224






