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À propos du voyage botanique de Tournefort

 

 

De mvoyage levant2ai 1700 à juin 1702, sur proposition du duc de Pontchartrain, et missionné par Louis XIV, le botaniste Joseph Pitton de Tournefort accomplit un voyage au Levant, accompagné du botaniste allemand Andreas von Gundelsheimer et du peintre Claude Aubriet. Le voyage les conduira de la Crète à la Géorgie actuelle en passant par une trentaine d’îles grecques. Le retour s’effectue par l’Arménie et la Turquie.

 

De son voyage Tournefort et ses compagnons rapporteront essentiellement :

 

Deux ouvrages imprimés :

 

Relation d’un voyage du Levant fait par ordre du roy (Paris, imprimerie royale, 1717, 2 vol. in-4) et (Lyon, Bruyset éditeur, 1717, 3 vol. in-8). La première édition a été numérisée par la Bibliothèque nationale : première partie et seconde partie.

 

Corollarium institutionum rei herbariae in quo plantae 1356 munificentia Ludovici Magni in orientalib58us regionibus observatae recensentur et ad genera sua revocantur (Paris, imprimerie royale, 1703), qui contient l’ensemble des espèces décrites de Grèce et d’Orient par Tournefort. Cet ouvrage est également accessible sur Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale.

Le Voyage contient assez peu de descriptions botaniques, dans le but avoué de ne pas lasser les lecteurs : « La recherche des plantes étant une de nos principales occupations, il semble qu’il serait à propos de donner ici le dénombrement de celles que nous observâmes autour de la Canée. Néanmoins, comme ces matières ne sont pas du goût de tout le monde, que non seulement elles grossiraient cette relation, mais qu’elles en interrompraient tout à fait la suite, je crois qu’il est plus à propos de réserver ce grand détail des plantes pour un ouvrage particulier, et de ne donner dans celui-ci que la description et la figure de quelques plantes singulières et non connues. » (TOURNEFORT, 1717)

 

Le Corollaire, quant à lui, contient l’ensemble des espèces décrites de Grèce et d’Orient par Tournefort, mais à l’exclusion des espèces déjà connues par ailleurs, et ne fournit aucune localisation.

 

Deux manjacea creticauscrits, conservés au Muséum nationale d’Histoire naturelle de Paris :

« Journal de notre route, commencé à Constantinople le 13 avril 1701. Voyage de Constantinople à Trébizonde par la Mer Noire et de Trébizonde à Erzeron. » Manuscrit de M. Gundelsheimer, qui accompagna Tournefort dans son voyage au Levant. Ms Ms 996-997, 96 feuillets.
Le tome II est intitulé : « Voyage d’Erzeron à Teflis, le 6 juillet 1701, et notre retour à Erzeron par Erivan, le 29 aoust de la même année. »

 

Journal de botanique du Levant, par Tournefort. Ms 998, 1700, 2 feuillets préliminaires et 508 pages, copies de la main de Vaillant.

 

Il s’agit cette fois d’authentiques journaux d’herborisation, comprenant l’ensemble des plantes observées, leur localisation (approximative le plus souvent) et la description d'un certain nombre d'espèces, jugées nouvelles par Tournefort.

 

Des planches d’herbier, dont la plus importante partie est conservée au Muséum de Paris. Un peu plus de 200 planches ont été numérisées et sont accessibles en ligne. Un catalogue de l’herbier est également accessible en ligne. Mes remerciements à Cécile Aupic pour m'avoir accueillie au MNHN et m'avoir informée daristolochia ce l'existence du catalogue.

Des dessins et des planches en couleur, le plus souvent de la main d’Aubriet, conservées à la bibliothèque du Muséum de Paris. Un certain nombre de planches ont été numérisées et sont accessibles en ligne.

 

Par René Desfontaines, Un Choix de plantes du corollaire des instituts de Tournefort publiées d’après son herbier, et gravées sur les dessins originaux d’Aubriet, Paris, Levrault, 1808. L’ouvrage est accessible dans son intégralité sur Gallica.

 

L’idée de ce site est de reconstituer le voyage botanique de Tournefort, et de rechercher les plantes observées par lui dans les lieux qu’il a visités. Bien sûr, de nombreuses herborisations historiques ont eu lieu en Crète après Tournefort : celles de Sibthorp, Sieber, Heildrich, Raulin, Gandoger, pour ne citer qu'eux, mais même si tous connaissent le Voyage au Levant, et si Sieber se place explicitement sous le patronage de Tournefort, il ne semble pas qu'ils aient exploité le manuscrit, qui contient beaucoup plus de données floristiques que le texte publié. Les herborisations se sont poursuivies jusqu'à nos jours, et la flore des îles de la mer Egée est maintenant abondamment renseignée, mais je n'ai pas trouvé de comparaison entre les espèces mentionnées par TournefoPetromarula pinnata resizedrt dans ses manuscrits et la flore actuelle des îles.

 

Ces manuscrits sont bien sûr notre première source. Toutefois, seul le ms 998, copié par Vaillant est facilement lisible. Les ms 996 et 997, de la main de Tournefort et Gundelsheimer sont malheureusement très difficiles à déchiffrer. Je retranscris ici avec l’autorisation du Muséum de Paris le ms 998, qui n’a jamais été publié, ni, semble-t-il, exploité (je précise qu’il n’est pas possible de le réutiliser sans accord du Muséum national d’histoire naturelle). En revanche, pour les lieux non couverts par le manuscrit, j’ai eu recours au texte publié, qui comprend une part de descriptions botaniques. Les herbiers et les dessins sont aussi des sources indispensables.

Le plus difficile est, dans certains cas, d’identifier les plantes nommées par Tournefort avant l’invention des binômes linnéens. Les identifications, quand on les trouve, datent pour la plupart du 19ème siècle (par Desfontaine, Lamarck, Raulin…) et ne semblent pas avoir été réétudiées depuis. A chaque fois qu’il est possible, j’indique à quel nom moderne correspond l’appellation tournefortienne. La difficulté tient à différentes raison :

- Tournefort décrit souvent plusieurs espèces là où il n'y a qu'une variabilité morphologique (ainsi distingue-t-il dans les Institutiones... trente-sept espèces de plantains dans le seul genre Plantago et vingt-quatre espèces de chênes).

- Il utilise volontiers des noms différents pour désigner la même espèce : par exemple, Carduus stellatus luteus, foliis Cyani C. B. Pin. 387 et Spina solstitialis Dod. pour Centaurea solsticialis L.

- Il n'existe pas toujours de planche d'herbier pour lever les incertitudes.