25 et 26 janvier 1702, Éphèse
Ephèse
Éphèse. Claude Aubriet. Source: commons.wikimedia.org
Ephèse, mars 2026.
J’ai fait graver une porte qui est à gauche sur le chemin de Scalanova. Le cintre qui en est beau, n’est pas proportionné aux jambages qui le soutiennent, car il ne fait que le demi cercle. Ruines d'un ancien bâtiment de marbre qui se voyait à Éphèse. Claude Aubriet. Source: commons.wikimedia.org
Éphèse, mars 2026. Photo Jean-Pierre Brizard.
Nous fûmes surpris agréablement de voir des collines couvertes naturellement de beaux oliviers... Photo prise dans la presqu'île de Dilek, au sud de Kuşadası, où se sont probablement le mieux conservés les milieux décrits par Tournefort, mars 2026.
[Précédemment] " Le 25 janvier nous partîmes de Smyrne pour Éphèse vers les neuf heures du matin. En sortant de la ville on entre dans la voie militaire, laquelle est encore pavée de grands quartiers de pierre, coupés presque en losange (…). Le pays est plat, inculte, couvert en quelques endroits de petits bois semblables à des taillis entremêlés de pins. Nous bûmes du café sur le chemin dans une prairie où un Turc avait établi une échoppe, ou petite maison de bois ambulante. Nous arrivâmes sur les quatre heures et demi à Tcherpicui, méchant village dans une grande plaine toute inculte, où l’on voit les restes d’une grande et ancienne muraille de maçonnerie, laquelle a servi d’aqueduc, comme prétendent les gens du pays, pour conduire les eaux à Smyrne.
De la plaine de Tchirpicui jusques à Ephèse, ce n’est qu’une chaîne de montagnes dont les bois et les défilés sont pleins de voleurs dans la belle saison. Nous n’y trouvâmes que des cerfs et des sangliers, mais nous fûmes surpris agréablement de voir des collines couvertes naturellement de beaux oliviers, lesquels sans culture produisent d’excellents fruits, et ces fruits se perdent faute de gens qui les amassent. En approchant d’Ephèse sur la droite, ces montagnes sont horriblement taillées à plomb, et sont un spectacle affreux. On passe le Caystre à demi lieu en deça d’Ephèse (...). On entre ensuite dans la plaine d’Ephèse, c’est à dire dans un grand bassin enfermé de montagnes de tous côtés, si ce n’est vers la mer.
C’est une chose pitoyable de voir aujourd’hui Ephèse, cette ville autrefois si illustre (…) réduite à un misérable village habité par 30 ou 40 familles grecques (…). La citadelle, où les Turcs se sont retirés, est sur un tertre qui (…) domine la plaine (…). L’enceinte de cette citadelle (…) n’a rien de magnifique, mais à quelques pas de là du côté du midi, on voit les restes d’une autre citadelle plus ancienne, beaucoup plus belle, et dont les ouvrages étaient revêtus des plus beaux marbres de l’ancienne Ephèse.
Il reste une porte de fort bon goût, bâtie des mêmes débris. Je ne sais pour quelle raison on l’appelle la Porte de la persécution (...).
Le lendemain, nous traversâmes la plaine pour aller reconnaître les ruines de ce fameux temple de Diane, qui a passé pour une des merveilles du monde. Ce grand édifice était situé au pied d’une montagne et à la tête d’un marais (…).
On ne voit plus de belles ruines aujourd’hui à Ephèse, celles qui restent sont même assez clairsemées. Les débris de quelques châteaux bâtis en marbre, ne montrent rien qui soit digne de l’ancienne ville. J’ai fait graver une porte qui est à gauche sur le chemin de Scalanova. Le cintre qui en est beau, n’est pas proportionné aux jambages qui le soutiennent, car il ne fait que le demi cercle (...). Les asphodèles à fleur jaune, à tige droite et sans cannelure, brillent parmi plusieurs autres plantes rares (...).
En sortant des ruines du temple on entre dans un vilain marais rempli de joncs et de roseaux, lequel se dégorge dans le Caystre. Au-delà de cette rivière est un lac assez bourbeux ; peut-être qu’il nous parut tel à cause des grandes pluies qui tombaient (…).
Quoique la plaine d’Ephèse soit belle, néanmoins la situation de Smyrne a quelque chose de plus grand." TOURNEFORT 1717.
Nous partîmes d’Éphèse le 27 janvier.
En sortant des ruines du temple on entre dans un vilain marais rempli de joncs et de roseaux. Plaine d'Éphèse, mars 2026.
Les asphodèles à fleur jaune, à tige droite et sans cannelure, brillent parmi plusieurs autres plantes rares. Asphodeline lutea L.,Éphèse, mars 2026.
La citadelle, où les Turcs se sont retirés, est sur un tertre qui domine la plaine. Citadelle d'Éphèse, mars 2026.
Il reste une porte de fort bon goût, bâtie des mêmes débris. Je ne sais pour quelle raison on l’appelle la Porte de la persécution. Porte de la persécution à Éphèse. Claude Aubriet. Source: commons.wikimedia.org
Porte de la persécution à Éphèse. Dessin non daté, mars 2026.
Porte de la persécution à Éphèse, en réfection, mars 2026.













