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Alhagi maurorum Medik., manne.

Alhagi maurorum Medik., Armavir, Arménie, juillet 2019.

"Je ne sais si l'Alhagi donne de la Manne dans les îles de Syra et de Tine, mais je sais bien que les gens du pays ignorent que cette plante fournisse une drogue qui purge si utilement. C'est principalement autour de Tauris ville de Perse [aujourd'hui Tabriz, en Azerbajan] que l'on en fait récolte sous le nom de Trungibin ou Terenjabin, rapportés dans Avicenne et sans Sérapion : ces auteurs ont cru qu'elle tombait sur des arbrisseaux épineux, quoi qu'il soit très certain que c'est le suc nourricier de la plante qu'on vient de décrire". (TOURNEFORT 1717)

 

De fait, bien que l'Alhagi soit présent sur un vaste territoire qui va du Maroc à la Chine, il ne paraît produire de manne que dans certaines régions, principalement le Khorassan, au nord-est de l'Iran, et l'Asie centrale. Il ne semble pas que la production de manne soit liée à la présence d'un insecte, mais à des conditions écologiques particulières, notamment la sécheresse, des températures élevées pendant l'été, une large amplitude thermique quotidienne ou saisonnière, et peut-être certains caractères édaphiques (DONKIN, 1980).

 

"Dans les grandes chaleurs on s'aperçoit de petites gouttes de miel répandues sur les feuilles et sur les branches de ces arbrisseaux ; ces gouttes s'épaississent et se durcissent par grains, dont les plus gros sont du volume des grains de Coriandre. On recueille ceux de l'Alhagi et on en forme des pains roussâtres tirant sur le brun, plein de poussière et de feuilles qui en altèrent la couleur et en diminuent peut-être la vertu : il s'en faut bien que cette manne soit si belle que celle d'Italie. On en vend de deux sortes en Perse : la plus belle et la plus chère est par petits grains, l'autre est comme une pâte et contient plus de feuilles que de Manne". (TOURNEFORT 1717).