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Cuscuta cf monogyna Vahl.

Cuscuta orientalis, viticulis crassissimis, Convolvuli fructu Coroll. I. R. Herb. 45 / Cuscuta Armenia, viticulis crassissimis et longissimis, Convolvuli fructu

Observée par Tournefort dans la plaine de Khor Virap (Arménie).

Trois espèces de cuscutes à un seul style sont aujourd'hui citées dans la province d'Erevan : Cuscuta monogyna Vahl., la plus répandue en Arménie, Cuscuta lupuliformis Krock. et Cuscuta lehmanniana Bunge. Cuscuta monogyna est celle qui correspond le mieux à la description de Tournefort, et c'est elle que nous avons observée, comme lui, sur Réglisse dans la plaine de l'Araxe. En effet, Cuscuta lupuliformis porte des glandes très apparentes sur les tiges, que Tournefort n'aurait pas manqué de décrire, et Cuscuta lehmanniana a des fleurs très roses. Toutefois, les fleurs d'aucune de ces trois espèces ne correspondent vraiment à la description qu'il en donne : "ses fleurs naissent par bouquets en manière de tête gris de lin lavé".

Cuscuta Armenia, viticulis crassissimis et longissimis, Convolvuli fructu, Aubriet. Collection du MNHN-Paris. Photo MNHN. - Direction des bibliothèques et de la documentation

Cuscuta monogyna Vahl., sur réglisse, plaine de l'Araxe, Arménie, juillet 2019.
Cuscuta monogyna Vahl., sur réglisse, plaine de l'Araxe, Arménie, juillet 2019.

" Cuscute

Pour la Cuscute, elle embrasse si fort les tiges de la Réglisse qu’elle semble ne faire que le même corps avec elle. Quand on l'en détache on s'aperçoit de quelques tubercules épais d'environ demi ligne, qui sont comme autant de petits clous ou de chevilles qui entrent dans les tiges de la plante à laquelle elles sont attachées. Ces tiges ont une ligne d'épaisseur et quelquefois davantage. Nous les prîmes d'abord pour des tiges de quelque espèce de liseron, dont les feuilles étaient passées. On ne saurait mieux comparer les [tiges] de la Cuscute qu'à ces cordes de boyau qui sont grosses comme de la ficelle ; mais elles sont fermes, difficiles à casser, amères, peu aromatiques, vert pâle, divisées en plusieurs branches tortillées sur les plantes voisines, dont elles sucent le suc nourricier, lequel s'imbibe dans les tubercules dont on vient de parler. Ces tubercules sont ordinairement posés obliquement dans l'intervalle d'une ligne l'un de l'autre, mais aussi en des endroits différents ne trouve-t-on point de racines à cette plante, non plus qu'aux espèces du même genre, lorsque les tubercules sont en état de distribuer le suc nourricier. Ses fleurs naissent par bouquets en manière de tête gris de lin lavé, haute de deux lignes, du diamètre d'une ligne et demie. Ce sont des godets découpés en cinq pointes obtuses, percés dans le fond, et qui reçoivent dans cet endroit le pistil que leur fournit un calice haut de deux lignes, découpé en cinq parties. Ce pistil devient un fruit semblable à celui du grand liseron blanc [Calystegia sepium (L.) R.Br.], long de quatre lignes sur trois lignes de diamètre, membraneux, vert pâle, puis roussâtre, terminé par une petite pointe et composé de deux pièces, dont la supérieure est une espèce de calotte. Il renferme ordinairement quatre graines aussi grosses que celles du liseron dont on vient de parler. Ces graines sont arrondies sur le dos, anguleuses de l'autre côté, longues d'une ligne et demi, épaisses d'une ligne et comme séparées en deux lobes par une membrane très menue, échancrée en bas et attachée à un placenta spongieux et gluant.

 

Ces graines ne sont autre chose que des vessies membraneuses, dans chacune desquelles se trouve pliée en spirale on en limaçon, un jeune plant de Cuscute. Cette jeune plante est un cordon vert gai, long de demi pouce, épais d'un quart de ligne dans son commencement, mais qui diminue jusques à la fin, attaché par son bout le plus épais à un placenta spongieux et gluant, lequel est en partie dans la capsule, et en partie dans le calice. Peut-être que le Créateur a voulu, par l'exemple de cette plante, nous faire connaître que les embryons des plantes étaient renfermés comme en miniature dans les germes de leur semences, et qu'ainsi les graines étaient comme autant de vessies où la jeune plante toute formée n'attendait, pour se rendre sensible, qu'un peu de suc nourricier qui en fît gonfler les parties. ". TOURNEFORT 1717.