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Inula candida (L.) Cass.

Famille :
Asteraceae
Genre :
Inula
Conyza Cretica, fruticosa, folio molli candidissimo & tomentoso Coroll. I. R. Herb. 33 / Aster tomentosus Verbasci folio H. R. P. / Conyza Cretica, fruticosa, Cynoglossi argentei folio

Observé par Tournefort dans le Lassithi, sur le mont Dikti, à Arcadi, à Therissos, dans les Lefka Ori, sur la péninsule de Gramvoussa (Crète).

Conyza Cretica, fruticosa, Cynoglossi argentei folio. Aubriet (Claude). Ms 78. Collection du MNHN-Paris - Direction des bibliothèques et de la documentation

Conyza Cretica, fruticosa, folio molli, candidissimo & tomentoso, Coroll I R Herb 33, Anonyme. Collection du MNHN-Paris - Direction des bibliothèques et de la documentation

On voit clairement que le dessin du ms 78 a servi de modèle au dessin sur vélin. Pour autant, la plante porte un autre nom. Le dessin du manuscrit a dû être effectué avant la rédaction du Corollaire (TOURNEFORT 1703), au cours de laquelle Tournefort a modifié le nom qu'il avait précédemment donné. Il a par ailleurs eu l'intuition (voir ci-dessous) que cette espèce était une variété de l'Aster tomentosus Verbasci folio de Bauhin, qui désigne effectivement Inula candida, mais l'a pourtant décrite comme espèce nouvelle dans le Corollaire.

Inula candida (L.) Cass., Gramvoussa, Crète, avril 2018.

Inula candida (L.) Cass., Gramvoussa, Crète, avril 2018.

" Conyza Cretica, fruticosa, Cynoglossi argentei folio

Cette plante sort des fentes des rochers par une tige dure, ligneuse, cassante, épaisse comme le petit doigt, couverte d’un duvet blanc et cotonneux, raboteuse encore à cause des restes de pédicules des anciennes feuilles. Cette tige ou plutôt cette espèce de tronc n’a que 4 ou 5 pouces de long et finit par plusieurs têtes ou bouquets de feuilles dont les queues ont 2 ou 3 pouces de long et deviennent comme ligneuses dans la suite du temps. Parmi ces feuilles, les plus grandes ont 3 pouces de long sur un pouce et demi de large, tout à fait semblables à celles de l’Aster Verbasci folio H. R. Paris [=Inula candida], drapées, très blanches, douces, soutenues par une queue aussi longue que la feuille même et quelquefois davantage, large d’une ligne, mais dont la base a 3 lignes, creusée en cuilleron, relevée de 3 grosses côtes. Cette queue a le dos arrondi et fournit quelques nerfs qui se répandent par toute la feuille, qui est très amère. Des aisselles de ces feuilles sortent des tiges hautes de 7 ou 8 pouces, épaisses d’une ligne, toutes blanches et cotonneuses, le long desquelles naissent 4 ou 5 feuilles semblables aux précédentes, mais beaucoup plus petites, car vers le haut à peine ont-elles 9 ou 10 lignes de long. De leurs aisselles sort ordinairement un pédicule long d’environ un pouce et chargé d’une seule fleur longue de demi-pouce sur 4 ou 5 lignes de diamètre, composée d’une infinité de fleurons très menus dont le haut à peine s’évase-t-il [sic] jusqu’à une demi-ligne, découpé en 5 pointes fort petites. La gaine qui sort du milieu de ces fleurons est très courte, mais surmontée d’un filet fourchu jaune aussi. Le calice est à plusieurs écailles toutes cotonneuses et blanches, mais vers sa base il y en a qui ressemblent à des petites feuilles longues quelquefois de demi-pouce sur 3 ligne de large, émoussées à leur pointe ; quelques autres n’ont que 3 ou 4 lignes de long sur une de large et sur la même tête il s’en trouve de beaucoup plus courtes. Il y a apparence que cette plante est une variété de l’Aster tomentosus Verbasci folio H. R. Par. [=Inula candida], l’expérience faisant voir qu’il y a plusieurs plantes à fleurs radiées dont les fleurs perdent ou reprennent leurs demi-fleurons suivant la nature des lieux où elles se trouvent. Ainsi M. Bobart est excusable d’avoir avancé que l’Aster tomentosus Verbasci folio H. R. Par. n’avait point de couronne, car il se peut faire que la graine de cette plante ait produit dans le jardin d’Oxford quelques pieds dont la fleur était simplement à fleurons."